Voyage découverte
octobre 3, 2013 posted by Fredo

Voyage en Ukraine dans le bus de l’angoisse !

Voyage en Ukraine dans le bus de l’angoisse !

C’était lors de mon voyage en Ukraine, en plein été. Contrairement à ce que l’on pense, il fait très chaud autour de la mer noire à cette période. Et comme à mon habitude, muni de mon sac à dos, n’ayant rien préparé à l’avance, je me lance dans l’aventure du voyage. Accompagné de ma copine, notre souhait était de parcourir le delta du Danube qui se situe en Roumanie, à la frontière avec l’Ukraine. C’est une grande réserve protégée, classée patrimoine mondial de l’UNESCO, le delta abrite des milliers d’espèces d’oiseaux et de plantes différentes. Mais rien n’indique que pour s’y rendre à partir de l’Ukraine, c’est le parcours du combattant !

Voyage en Ukraine, prend l’anti-migraine !

voyage en ukraine odessaNous avions passé une semaine au festival de Kazantip, une journée à Yevpatoriya puis trois à Odessa. Notre objectif était de rejoindre Tulcea en Roumanie pour visiter le fameux delta du Danube. Nous sommes dans une grande ville portuaire. Il y a donc des moyens de transport comme le bus, le train, l’avion voir même le bateau. C’est une très jolie ville et l’une des plus riches d’Ukraine. Donc pour nous, il n’y a aucun problème pour rejoindre la Roumanie.
Nous commençons donc à demander à la gare routière. Au guichet, personne ne veut nous parler. Ils disent ne pas comprendre l’anglais, baissent la tête et attendent le suivant. Ce n’est pas très accueillant et ils ne font aucun effort. Les seules personnes qui nous renseignent nous disent qu’aucun bus ne va en Roumanie, qu’il faudrait voir à la gare ferroviaire juste à côté.
On ne se décourage pas. Nous y allons, mais nous sommes étonnés de recevoir quasiment le même accueil. Au bout d’un moment, voyant notre air désespéré, elle nous dit qu’aucun train ne part en Roumanie.
Bon, la journée commence bien apparemment ! Nous nous arrêtons dans un restaurant pour manger un bout et profiter du wifi gratuit pour effectuer quelques recherches. Justement, un blogueur voyageur me dit qu’il faut se rapprocher de la frontière à Izmail. Il se peut qu’il y ait des bus là-bas. Pourquoi pas ? D’autant plus qu’aucun bateau ne va en Roumanie à partir d’Odessa.
C’est dingue que deux pays frontaliers n’ont quasiment aucune connexion niveau transport. C’est comme si à partir Montpellier, les seules façons d’aller en Espagne, c’était l’avion ou sa propre voiture.
Bref, on prend deux tickets de bus direction Izmail, qui se situe à la frontière avec la Roumanie. On galère bien pour trouver notre mini-bus, personne ne parle anglais, les gens font la gueule et c’est limite on les fait chier. Mais c’est bon, nous sommes posés, le chauffeur est là, c’est parti pour quatre heures de route. Enfin de secousses…

Le bus de l’angoisse !

voyage en ukraine bus de l'angoisseIl y règne un silence de mort. Juste le bruit stressant du froissement des sacs plastiques frappés par le vent qui s’engouffre par les fenêtres entrouvertes. Le mini-bus est blindé, il fait horriblement chaud et c’est le début d’après-midi.
Une dame assise à côté de nous engage la conversation, certainement intriguée par nous deux, jeunes touristes qui vont se perdre à Izmail. Elle parle un peu anglais, nous faisons connaissance tout en nous racontant nos petites histoires de voyage. La conversation continue malgré le silence pesant autour de nous. La route est défoncée, le pilote roule comme un dingue et double n’importe comment ! A plusieurs reprises, j’ai cru que c’était la fin de ma vie !
Le chauffeur décide de faire un arrêt pipi au bout de deux heures de route. On en profite pour envoyer un petit texto à la famille, histoire de prendre des nouvelles et de les informer de la situation. La station-service où nous sommes est vraiment glauque, nous sommes les seuls touristes et certains regards ne nous rassurent pas vraiment. De plus quasiment personne ne parle. Nous remontons donc dans le bus, pour encore deux heures de tape-cul !
Le silence devient vraiment de plus ne plus angoissant. Je le casse en posant une question à ma voisine de tout à l’heure.

Vous savez comment nous pourrions passer la frontière pour aller en Roumanie ?

C’est à ce moment précis, que notre voyage aller prendre une autre tournure. Sans le savoir, j’avais posé la question qui allait faire vivre le bus. Cette dame demande à la personne de devant qui a son tour pose la question à une autre personne et tout le monde s’est mit à participer et à parler. J’étais fier d’avoir déclenché enfin une forme de vie dans ce bus. Même le chauffeur y donne du sien.
Mais ma gaieté est vite retombée. Les gens ne parlent que dans leur langue, le ton devient alarmiste. Un brouhaha total règne désormais et ils nous regardent tous comme si on était fou. J’entends des « Francuski » par ci par là, un mec regarde ma copine en faisant le signe du coupe-gorge, certains se marrent (enfin). D’autres nous pointent du doigt et secouent la tête du style « Oh non, les pauvres, dans quoi ils s’embringuent ? ». Tout le monde nous regarde, c’est vraiment flippant !
Le pire, c’est qu’on ne comprend absolument rien. Cela fait grimper l’angoisse d’une manière surprenante. La scène dure bien vingt minutes et la dame me dit d’attendre, elle ne veut pas me traduire pour le moment.
Entre temps, on reçoit une réponse de la famille sur notre téléphone :

T’as déjà vu les films Hostel ?
voyage en ukraine hostel

Supeeeeer ! Rien de tel pour rassurer ma copine qui confirme qu’elle n’est plus du tout à l’aise.
L’angoisse et la peur sont au max, on s’imagine maintenant des scénarios de fou dans nos têtes…
La dame à côté de moi, nous voyant paniquer, m’informe qu’il n’est pas possible de passer la frontière, ni en bus, ni en train, ni en voiture ni même en bateau. C’est très dangereux, on a de fortes chances de se faire dépouiller, mais il ne faut pas avoir peur.
La situation s’éclaircit, ils ne vont pas nous kidnapper et l’on comprend qu’ils nous préviennent des risques que nous prenons. Ouf, de soulagement ! Mais je trouve cela bizarre qu’on ne puisse pas aller en Roumanie à partir d’Izmail. Cette ville touche la rivière qui sépare les deux pays. Comme si c’était impossible d’aller en Allemagne à partir de Strasbourg. Nous sommes à 15 kilomètres de Tulcea et pourtant, nous n’irons pas plus loin. D’après les habitants, c’est trop dangereux.
Bref, n’étant pas seul dans ce voyage, je ne peux pas persévérer pour passer la frontière sachant que ma copine est morte de trouille. Nous choisissons donc la solution de sécurité, c’est-à-dire de revenir à notre point de départ.
Le chauffeur nous réserve deux places pour repartir sur Odessa. Sympa le mec ! La dame à côté me dit que c’est le bon choix, et un autre devant me fait comprendre qu’il n’y a que l’avion qui va en Roumanie. Nous arrivons à Izmail et tout le monde descend. Nous les remercions tous de nous avoir prévenu du danger qu’on encourait. Le temps de se dégourdir les jambes et c’est reparti dans l’autre sens.
Je vous passe les quatre heures interminables de mini-bus, mais bon, c’est ça aussi le voyage en Ukraine.

Mais comment partir de l’Ukraine ?

voyage en ukraine avion directionLe chauffeur nous pose à un rond-point perdu entre quatre routes à l’entrée d’Odessa, il a l’air content de se débarrasser de nous. Bye-bye mini-bus de l’angoisse !
Il commence à faire nuit, nous ne savons pas où nous sommes, on a plus d’eau et un pauvre paquet de chips ! Voyant les avions décoller et atterrir, l’aéroport ne doit pas être loin. Nous nous dirigeons donc vers cette direction. Oui, car les panneaux sont tous en cyrillique et très difficile à lire pour nous.
On croise un groupe de mecs qui discutent sur le bord de route, voiture à l’arrêt et un taxi au milieu. Je leur demande si quelqu’un peut nous emmener à l’aéroport, mais ils n’ont pas l’air de comprendre. La situation se débouche directement quand je dis que je paierai la course bien évidemment. L’argent traduit parfaitement votre Anglais en Ukrainien, c’est fou non ? Le chauffeur de taxi nous emmène donc à l’aéroport pour se renseigner sur les prix des billets d’avion.

Manque de pot, tout est fermé. Une fille qui traine par là nous dit de revenir demain matin à 8H00 et qu’il y aura des solutions. Parfait, nous retournons dans l’hôtel d’hier à Odessa.
Sacrée journée et sacrée nuit, avec ces femmes qui ramènent des clients dans l’hôtel pour faire leurs affaires. Vivement demain qu’on se barre d’ici, je n’en peux plus. J’ai presque le mal du pays.
Le lendemain, arrivé à l’aéroport, tout est encore fermé. Je demande au point information quand est-ce que les agences ouvrent ? Mais elle ne sait pas, elle ne comprend pas l’anglais, dit-elle derrière son bureau d’informations pour les touristes.
Les agences commencent à ouvrir petit à petit. Un peu comme ça leur chante, à des horaires complémentent différents. Le billet d’avion le moins cher pour aller en Roumanie est à 750 €. De plus, il va seulement à Bucarest. Ce n’est pas du tout notre budget, et on se retrouve définitivement coincé. Impossible d’aller en Roumanie pour nous.
On se pose sur un banc complètement dépité et nous nous demandons :

Comment fait-on maintenant ?

voyage en ukraine directionMes yeux se portent sur le panneau d’affichage des destinations d’avions. Et paf, pastèque ! Le vol pour Istanbul part dans une heure. Pourquoi s’entêter avec la Roumanie ? Nous irons une autre fois, partons pour la Turquie. On court se renseigner à l’agence Turkish Airlines. Mais c’est toujours fermé. Je me demande si on ne nous joue pas un tour et le bureau s’ouvre cinq minutes après. Les billets d’avion sont à 200 €, même si ce n’est pas comme cela qu’on voulait procéder à la base, l’argent économisé sur la Roumanie qu’on passe, sera dépensé dans les billets pour aller en Turquie.
Mais ça continue, ma carte bancaire est refusée pour cause de faux code. La poisse me colle ou quoi ? Du coup, c’est ma copine qui arrive à payer les billets.
C’est le soulagement total quand on arrive enfin à embarquer. Le sourire est même revenu à Istanbul, quand on a eu l’accueil en musique et avec bonne humeur !

 

C’était donc l’anecdote de notre voyage en Ukraine. Malgré ses moments de paniques et d’incertitudes, nous gardons un très bon souvenir de ce voyage.
Nous avons appris pas mal de chose, surtout sur nous-même. Nous n’avons peut-être pas atteint notre objectif mais le plus important était de vivre l’aventure du voyage. Et c’est ce qu’on a fait.
Nos rencontres et notre écoute, nous ont permis de se sortir d’une situation mal engagée. Cela fait partie du voyage, les petits aléas vous feront vivre autre chose qui n’était pas prévu principalement. C’est ce qui donne aux aventures un gout pimenté et surtout unique. Et quoi qu’il arrive, il y aura toujours une solution…

Si par hasard vous souhaitez vraiment vous rendre en Roumanie par l’Ukraine. Il faut aller jusqu’à Réni, puis marcher sur 5 bornes jusqu’à la frontière Moldave. Vous devrez traverser la Moldavie sur 2,5 kilomètres environ, par le village de Giurgiulești. Vous pouvez essayer l’auto-stop ! De là, vous serez à la frontière Roumaine. La ville juste après la frontière à 11 kilomètres, c’est Galati. D’ici, vous pourrez partir visiter la Roumanie.
Les Ukrainiens ne traversent que très rarement, car il leur faut payer un visa. Si vous êtes français, pas besoin de visa. Vous ne trouverez pas grand monde pour vous faire traverser la frontière, à part vos jambes et des étrangers qui ont leur propre véhicule.
Il est donc possible d’aller en Roumanie par la voie terrestre, mais comme vous l’avez constaté, c’est assez compliqué !
La Roumanie est toujours sur ma liste de mes prochaines destinations avec sa voisine la Bulgarie… Je vous dirai si c’est aussi galère pour passer la frontière !

Et vous ? Vous est-il arrivé des histoires similaires durant vos voyages ?

Voici la carte, avec les points cités dans l’article :


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Ukrainement

Fredo

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A propos de Fredo

A propos de Fredo Fredo est l'éditeur du Blog FestiVoyage. Voyageur et Festivalier, il partage pour vous ses aventures autour du monde, pour que vous puissiez à votre tour voyager et faire la fête plus facilement. Vous trouverez, conseils, astuces et bons plans à travers ses articles. Rejoignez-le sur son profil Pour en savoir plus sur Fredo !

7 Commentaires

  • Excellent cet article
    Bien retranscrit l ‘histoire du bus !j’en ai presque été angoissée en lisant 😉
    ce genre de situation nous fait rire une fois rentré, avec le recul mais sur le moment c ‘est une autre histoire!
    stephanie – mytourdumonde.fr Mon dernier article…L’INCONTOURNABLE DE MAJORQUEMy Profile

  • + 1 : Tu m’as vraiment fait flipper ! Je découvre ton blog : super sympa ! Bien que n’étant pas spécialement fan des festivals, j’aime bien cette approche originale du voyage ! 🙂
    Nath’ Mon dernier article…Voyage en images #9 – Col de CeriseMy Profile

    • Merci Nath du passage sur mon blog !
      Je vais essayer de retranscrire plus souvent des anecdotes de voyage, les gens aiment bien et comme tu dis, c’est une approche différente !
      Tu n’es pas spécialement fans des festivals, mais en venant plus souvent sur FestiVoyage, tu le deviendras 😉

  • Je découvre ton blog avec cet article qui me rappelle quelques souvenirs! J’étais allée de Roumanie en Ukraine en minibus en 2009, ça a peut-être changé depuis. On était passés par la Moldavie via Tiraspol. Je reconnais les routes en mauvais état, les gens pas toujours très sympas au premier abord – je vivais en Roumanie à l’époque donc parler un peu de roumain aide un peu avec les moldaves. Mais c’est vrai que ces pays ne sont pas très bien connectés contrairement à ce qu’on pourrait croire. Vous y êtes allés après moi, on dirait que ça n’a pas changé 🙂 Par contre, je ne sais pas si vous êtes allés en Roumanie par la suite mais vous devriez, c’est un superbe pays! Les paysages sont beaux, la bouffe est bonne et les gens sont sympas (pas toujours au premier abord par contre)

    • Salut Lucie, merci pour ton commentaire.
      Je ne suis pas allé en Roumanie malheureusement, pourtant j’avais déjà prévu plein de choses dans ce pays. Ce n’est que partie remise, je veux voir le château de Dracula ;).
      Les pays de l’Est, un autre monde qui me fait toujours rêver !
      Merci pour tes précisions, je me tâte à partir là-bas cet été…

  • Salut Fredo,

    il faut que tu ailles en Roumanie, c’est superbe 🙂 En ete il fait une chaleur pas possible je trouve, en septembre c’est plus supportable – sauf si tu n’as pas de probleme avec ca evidemment. J’ai vecu un an la-bas et parcouru un peu le pays, ca vaut vraiment le coup (par contre apprends un peu de roumain, ca servira la-bas). Le chateau de Dracula est super mignon et pas du tout glauque au final et pas tres loin il y a la citadelle de Rasvnov qui est carrement a voir. Bon, sur ce je me tais sur la Roumanie! J’ai une section pays de l’est sur mon blog si ca t’interesse, n’hesite pas a y faire un tour et si tu as des questions pour un eventuel voyage la-bas, n’hesite pas 🙂

    • Merci Lucie, je vais faire un tour sur ta section  » Pays de l’Est « ! Je serai surement en Hongrie cet été au Sziget Festival, si mon budget me le permet je passerai un temps en Roumanie. 😉

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